Rapport de VETAGRO

Rapport concernant l’essai expérimental du produit « traitement étudié avec AIC » – mandaté par la société Animal Immune Company.

CONCLUSION de l’étude d’efficacité sur des chevaux asthmatiques

– Le « traitement étudié avec AIC » est un produit sanguin autologue, dont la composition n’est pas connue des expérimentateurs.
– Son administration par voie intramusculaire aux chevaux asthmatiques est très bien tolérée d’un point de vue local et systémique.

– Effets sur la clinique respiratoire des chevaux asthmatiques :
On observe une tendance globale à la diminution du score respiratoire avec le « traitement étudié avec AIC » même si non statistiquement significative. De façon intéressante, le challenge au foin moisi intense (passage en écurie, litière de paille, ventilation diminuée par la fermeture du volet du box la nuit, inhalation de foin moisi en sac) a produit une dégradation légère du score respiratoire, sans détresse expiratoire aigue. Deux jours après le retour au pré post challenge, on notait une amélioration globale du score clinique respiratoire sans intervention thérapeutique. Il serait possible d’évoquer un possible effet protecteur du « traitement étudié avec AIC » dans ce contexte.

Les résultats des mesures visant à évaluer la différence de pression intra-pleurale à l’aide du Ventigraph® et avoir une évaluation de l’intensité du bronchospasme ne sont pas interprétables, ces valeurs suggérant des biais de mesure induits par l’excitation des chevaux rentrés dans une salle pour l’occasion, les effets de la sédation (cette technique est peu sensible par rapport à l’oscillométrie (matériel non disponible sur site)).

– Effets sur l’inflammation systémique :
Initialement, les chevaux asthmatiques ne présentaient pas de profil inflammatoire sanguin déterminé par une neutrophilie/neutropénie, et une augmentation de la SAA ; l’administration du « traitement étudié avec AIC » n’a pas induit d’inflammation systémique en terme d’augmentation de la concentration de SAA ou du comptage de neutrophiles ; un seul cheval a présenté à l’issue de la dernière injection une neutropénie transitoire, spontanément et rapidement réversible, sans signes cliniques associés et d’origine non déterminée.
Le challenge au foin moisi aurait pu induire une augmentation de la SAA sanguine, mais une augmentation légère n’a été notée que chez 1 cheval sur 6.

Sur l’effectif des chevaux asthmatiques, le « traitement étudié avec AIC » tout comme le challenge au foin moisi n’ont pas produit de variation statistiquement significative sur la concentration sanguine en cytokines pro-inflammatoires, que cela soit des marqueurs de l’immunité innée (TNF-α), un profil Th1 (IL-8 et INF-γ), Th2 (IL-4) ou Th17 (IL-17), ni sur la production de cytokines anti-inflammatoire (IL-10).

A noter que le panel de cytokines testées était restreint du fait des dosages spécifiques équins disponibles sur le marché ainsi que le coût élevé des dosages Luminex®.
Le cheval H2, à asthme sévère mastocytaire, pour lequel une phase de rémission clinique satisfaisante n’a jamais pu être obtenue, présentait une production sanguine cytokinique pro-inflammatoire supérieure par rapport aux autres chevaux de l’effectif avec un asthme contrôlé.

– Effets sur l’inflammation bronchique :
De la même façon que pour le score respiratoire, une tendance globale à la diminution du score endoscopique a été notée avec le « traitement étudié avec AIC » même si non statistiquement significative. De façon intéressante, le challenge au foin moisi intense a produit seulement une dégradation modérée du score endoscopique.

La concentration en cytokines pro-inflammatoires et anti-inflammatoire du LBA (TNF-α, IL-8 , INF-γ, IL-4, IL-10) était inférieure au seuil de détection chez tous les chevaux, quel que soit la sévérité de l’asthme, que cela soit avant ou après traitement avec « la thérapie étudiée avec AIC » avant ou après challenge au foin moisi.
Par contre, l’IL-17, était détectable chez la majorité des chevaux avant traitement, avec une variation de production différente au sein de l’effectif à la fin du traitement. Suite à l’exposition au foin moisi, la production d’IL-17 était également variable selon les chevaux.

L’IL-17 a été participe indirectement au recrutement et à l’activation des neutrophiles dans les voies respiratoires, à l’hypersécrétion de mucus et à au bronchospasme. L’expression de cette cytokine est augmentée dans le tissu bronchique des chevaux asthmatiques chroniques (Ainsworth et al., 2006; Riihimaki et al., 2008). Chez l’homme, elle a été impliquée dans l’inflammation neutrophilique bronchique, le remodelage tissulaire bronchique et l’insensibilité à l’action des stéroïdes (Chesné et al., 2014).

Les profil cytokiniques sanguins et du LBA montrent des résultats variables dans la littérature (Ainsworth et al 2003, Giguère et al 2002, Horohov et al 2005, Lavoie et al 2001, Leclère et al 2011, Riihimäki et al 2008) en fonction de la sévérité de l’asthme, du stade clinique ou de rémission, des cellules /tissus étudiés, et de la technique utilisée (ELISA versus qPCR).

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